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C’est environ 70 km par jour pendant 4 jours consécutifs

MALIK FONTAINE

Patient de 4 ans atteint de leucémie

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Le 28 août 2017, Malik Fontaine est né et a injecté sa joie de vivre naturelle dans la petite famille de Mélanie McCann et Martin Fontaine. Éloïc, 4 ans, est ravi de voir enfin son petit frère pour la première fois au CHU de Québec-Université Laval.

Énergique, débrouillard et de nature cascadeuse, Malik déclenche des palpitations chez ses parents, mais heureusement, sans accidents majeurs. Malik, leur petit bonheur sur deux jambes, est un petit garçon en bonne santé qui aime explorer et découvrir de nouvelles choses. Il aime aller à la garderie pour rencontrer ses amis et c’est avec un sourire et des câlins qu’il est accueilli. C’est avec une tête pleine d’imagination que Malik mord dans la vie et s’amuse avec ses camarades autour d’histoires de dinosaures et de super-héros.

Des mois et des années passent et Malik se porte bien, à l’exception des inévitables rhumes mineurs qui surviennent régulièrement pendant les longs mois d’hiver typiques au Québec.

En 2022, à l’âge de quatre ans et demi, le vent a tourné. Le lundi 21 février 2022, Malik semble avoir un peu moins d’énergie et d’intérêt pour les activités offertes à la garderie. Le lendemain, une forte fièvre le saisit et dure 5 jours. Une visite à la clinique locale ne révèle rien de majeur au niveau de sa santé.

En dehors de cette fièvre, Malik n’a rien physiquement pour suggérer un diagnostic de cancer, mais les résultats sanguins sont produits moins de 48 heures après son admission à l’hôpital le 26 février 2022. De mauvaises cellules sont remarquées dans sa moelle osseuse.

Les résultats des tests sanguins sont inquiétants. Un test sanguin pauvre en globules blancs, en globules rouges et en plaquettes, nécessite un transport en ambulance au CHU de Québec-Université Laval pour une transfusion sanguine.

Après deux jours d’incertitude, de questions sans réponse, d’inquiétude et très peu de repos, le diagnostic est annoncé aux parents anxieux. Malik a une leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) à très haut risque (grade 4). Ses parents sont dévastés.

Le temps fige. Les idées sont brouillées. Le ciel leur tombe sur la tête. Cette terrible nouvelle les frappe durement. C’est le genre de nouvelles qu’aucun parent ne veut apprendre.

L’hémato-oncologue leur explique le processus à venir. Le Dr Bruno Michon, avec un calme extraordinaire, prend le temps de leur expliquer les prochaines étapes. Mélanie et Martin rassemblent rapidement leurs affaires et se précipitent au Centre de cancérologie Charles-Bruneau où le vrai combat de Malik commencera. Il est pris en charge le lendemain. Il subit une ponction de la moelle osseuse pour mesurer le degré de sa leucémie. Le diagnostic est confirmé, mais le processus exact de chimiothérapie que Malik dera subir n’est pas encore identifié. Le lendemain, il doit jeûner pour une intervention chirurgicale afin d’installer un Port-A-Cart (PAC) sur son abdomen, connecté à la veine cave de son cœur, nécessaire aux traitements de chimiothérapie.

Le premier diagnostic officiel leur est communiqué. Malik est à faible risque (grade 1). Les parents sont relativement soulagés, bien qu’il soit prévu que le traitement sera intense, mais moins invasif que la normale. Quelques jours passent et ils lisent toute la documentation qu’ils peuvent trouver sur ce type de cancer. Ils essaient d’assimiler tout ce qui leur est expliqué par les oncologues, les pédiatres, les infirmières, les travailleurs sociaux, les physiothérapeutes, les massothérapeutes et l’équipe de Leucan.

Cette surdose d’informations est comme un raz-de-marée qui les attrape et les fait perdre pied. Néanmoins, elle les encourage à redoubler d’efforts pour soutenir leur petit champion qui combat déjà un ennemi puissant du haut de ses 4 ans.

Malheureusement, quelques jours plus tard, un deuxième diagnostic leur est annoncé. Comme la science n’est pas toujours exacte, ils apprennent que Malik a finalement une leucémie lymphoblastique aiguë (LAL) à très haut risque (grade 4). Ce nouveau diagnostic les frappe, une fois de plus, de plein fouet. Déjà au bout de leur forces, à tour de rôle à l’hôpital en raison des restrictions dues à la COVID-19, ils apprennent que les traitements de Malik seront plus agressifs et plus invasifs. Néanmoins, ils restent pleins d’espoir en s’en accrochant au pronostic de 80 % de succès du traitement.

Armés du peu d’énergie qu’il leur reste, ils se levent pour soutenir Malik et le reste de leur petite famille.

Dans leur tête, c’est le chaos. Les questions affluent et les parents se demandent comment ils vont y arriver. En plus de leurs emplois respectifs, ils doivent accompagner leur petit Malik dans son combat quotidien. Mais ils doivent aussi s’occuper de leur grand garçon de 8 ans, Éloïc, qui doit poursuivre l’école, le hockey et sa vie en général, ne comprenant toujours pas pourquoi il ne peut pas rendre visite à son petit frère qui est cloué à l’hôpital.

La nouvelle situation de Mélanie et Martin leur impose d’importants ajustements. Ils doivent résilier le contrat de garderie, car Malik ne pourra plus y retourner. Ils doivent également trouver une solution pour Malik qui ne pourra pas commencer l’école en septembre.

Heureusement, la famille, les amis et les collègues de travail se mobilisent pour les aider à gérer leurs horaires, ce qui a été un énorme défi depuis le début de ce combat. Cette vague d’entraide réchauffe encore leurs cœurs aujourd’hui. Les repas, le lavage, le nettoyage et le reste de leur vie quotidienne ont été restructurés pour leur permettre de prendre soin de Malik et de son frère aîné Éloïc qui traverse cette situation difficile à l’âge de 8 ans.

Le défi financier de leur nouveau contexte les inquiète également. Ils doivent couvrir les coûts liés aux longues périodes d’hospitalisation, aux médicaments, au stationnement et à la perte de revenus qui en résulte. Un compte GoFundMe a donc été mis en place par un ami proche pour atténuer le stress de leur nouvelle situation.

Cinq longs mois se sont écoulés avec des hauts et des bas, mais la leucémie de Malik répond relativement bien au traitement. Son petit corps est extrêmement affaibli, mais son sourire est néanmoins revenu, ce qui réchauffe le cœur de ses parents jour après jour.

Malik leur donne l’énergie de le soutenir dans sa lutte contre la leucémie. Cependant, il a encore 19 mois de chimiothérapie à la fin desquels ils seront enfin en mesure de sonner la cloche de la victoire tant attendue.

Petit champion, grand guerrier, tes parents sont si fiers de toi et ils seront à tes côtés pour célébrer la fin de ton long et ardu combat.

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Post Mortem

L’édition 2022 d’Une course pour une vie est achevée.

Voici le compte rendu complet de cet événement.

Comme vous le savez tous, j’ai participé à une course de Montréal à Québec pour sensibiliser et recueillir des fonds pour aider Malik Fontaine, un garçon de 5 ans de Levi (Québec) atteint d’une leucémie lymphoblastique aiguë (LAL) à très haut risque (grade 4), et sa famille.

L’idée d’effectuer cette course de 270 km est venue pendant le déjeuner avec une bonne amie et partenaire d’affaires, Sophie Massé, qui a mentionné que nos anciens collègues, Mélanie McCann et Martin Fontaine, avaient le plus jeune de leurs deux garçons atteint d’une leucémie. En entendant cela, sans hésitation, j’ai décidé d’entreprendre cette course.

Plus tard le même jour, j’ai contacté Mélanie pour lui parler de mon plan et lui demander si cela ne la dérangerait pas que j’aide à amasser des fonds pour l’aider, elle et son mari, pendant cette épreuve épuisante de 24 mois. De prime abord, je pouvais sentir qu’elle était secouée et hésitante. Je lui ai assuré que ce n’était pas un problème, et que j’étais heureux de faire bon usage de mon talent de coureur. Elle a accepté, bien que je puisse encore ressentir son inconfort à l’idée que les gens donnent de l’argent et que j’entreprenne un véritable calvaire pour les aider.

Le projet prenait forme à la vitesse d’un escargot alors que les communications entre le jeune couple et moi prenaient du temps de devenir fluides. Finalement, le couple a répondu aux textes plus rapidement et le projet a commencé à vraiment avancer.

J’ai conçu un plan d’entraînement pour me préparer sur les douze prochaines semaines. Heureusement, je pouvais faire mes longues courses dans le Nord, à St-Sauveur et me concentrer. De plus, je pourrais planifier les autres aspects de la course dans un environnement convivial, calme et accueillant. Et donc, pendant les douze prochaines semaines, je m’entraînerais, je m’entraînerais plus et je m’entraînerais encore davantage.

Avant de commencer à m’entraîner pour cette course, j’ai demandé à un bon ami si cela ne le dérangerait pas de me suivre pendant la course de quatre jours pour filmer et photographier tous les aspects de l’événement. Il semblait ravi et a accepté. Cependant, quelques semaines avant l’événement, il a reculé, me laissant avec un gros problème à résoudre. « Il n’avait pas de temps à perdre ». Je soupçonnais que le temps n’était pas le problème, et plus tard, les faits ont confirmé mes soupçons.

J’ai demandé à mes amis sur Facebook si l’un d’entre eux avait des contacts qui pourraient m’aider à surmonter cet obstacle de vidéo/photographie. Personne ne s’est manifesté, même ceux qui me devaient des faveurs, même ceux à qui j’ai offert des contrats vidéo dans le passé. J’étais tellement déçu.

Martin, le père de Malik, s’est porté volontaire et a proposé de me suivre sur son vélo et de prendre des clips vidéo et des photos alors que je courais vers Québec. Sur le coup, j’étais stupéfait, mais ensuite j’ai lu entre les lignes et j’ai compris qu’il était toujours mal à l’aise avec tout cela et qu’il avait besoin d’en faire partie de manière active. J’ai accepté avec plaisir. Problème résolu.

Ensuite, il y avait les questions de logistique de l’événement. J’avais besoin de quelqu’un pour conduire un véhicule qui transporterait tout mon équipement de rechange, ma nourriture, mon hydratation et d’autres nécessités. Sophie Massé (qui m’a mentionné la maladie de Malik au déjeuner) a proposé d’être cette personne. Mais j’ai refusé l’offre parce que j’avais aussi besoin de quelqu’un avec de grandes compétences médicales pour m’aider quand les choses vireraient inévitablement vers le pire. En outre, j’avais besoin de quelqu’un que je pourrais gérer et qui ne prendrait pas les choses personnellement, une personne qui me connaissait très bien et qui avait les compétences requises pour me gérer quand je serais mentalement au plus bas. Sophie Charland était cette personne.

Mon équipe comptait maintenant deux personnes, une conductrise avec un SUV et des compétences médicales et un cycliste avec un vélo de course professionnel et un intérêt certain dans ce défi.

J’avais besoin de créer un site Web pour promouvoir la course et créer des comptes Facebook et Instagram pour sensibiliser à l’événement. J’ai tout fait par moi-même. Bien que je ne sois pas graphiste, j’ai conçu tous les visuels, logos et graphiques. De plus, pour aider les gens à me repérer pendant la course, j’ai acheté un appareil GPS et j’ai fait concevoir une carte interactive par une entreprise externe. J’ai lié la carte au site.

L’entraînement a progress, mais est devenu de plus en plus difficile. Malheureusement, d’autres aspects de ma vie étaient dans un chaos complet, et ma concentration n’était pas aussi intense qu’elle aurait dû l’être. Je n’ai pas pu atteindre le niveau de concentration dont j’avais besoin, et la récupération après chaque course devenait difficile. De plus, je mangeais de moins en moins. Je ne rechargeais pas mes réserves d’énergie de manière adéquate, ce qui a rendu mon entraînement encore plus difficile que nécessaire. Néanmoins, j’ai réussi, et j’étais confiant de pouvoir relever le défi à venir.

 

PREMIER JOUR : 25 août 2022

Enfin, le premier jour de l’événement ! Nous avons chargé la voiture avec tout ce dont j’avais besoin et nous nous sommes rendus à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, où je commencerai à courir vers la ville de Québec. Quand nous sommes arrivés, j’ai salué Martin, que je n’avais pas vu depuis plus de dix ans, et quelques membres de sa famille. Câlins, bisous et quelques photos plus tard, à 9 heures précises, j’ai commencé à courir.

Mon ami Pascal m’a proposé de courir quelques kilomètres avec moi, accompagné de sa petite amie et de ses enfants. J’ai accepté. Son associé, Merlin, a sauté dans le VUS qui me suivrait et a commencé à prendre des photos et des clips vidéo. Bien que j’aie dit que je courrais lentement, au moment où le pistolet dans ma tête a fait feu, je suis parti comme une balle. Il était enfin temps de courir vers Québec.

Alors que je traversais la ville, pour ma sécurité, la ville m’a fourni une escorte policière. Les policiers sur leurs vélos de montagne ont arrêté la circulation et ont géré les passants comme de vrais professionnels, ce qu’ils étaient. En un rien de temps, nous sommes arrivés dans le Vieux-Montréal. J’ai raté un virage et j’ai dû faire un détour pour me remettre sur la bonne voie. Pascal était toujours derrière moi. En arrivant au pont Jacques-Cartier, j’ai fait mes adieux à l’escorte policière, Pascal et Merlin, puis je me suis dirigé vers la ville de Québec, suivi de Sophie, l’infirmière qui conduisait le VUS, et Martin sur son vélo. Ça allait être une très longue journée.

Alors que je commençais à courir sans relâche vers la ville de Québec, la chaleur est devenue un problème. Je buvais abondamment mais j’avais pris soin d’éviter l’hyponatrémie. Malheureusement, je ne pouvais pas avaler de nourriture. Tout ce que je pouvais manger pendant la première journée, c’était quatre gels énergétiques et un petit morceau de sandwich au jambon. Ce problème d’alimentation deviendrait un sérieux défi. À ce rythme, je volais l’énergie dont j’avais besoin le lendemain. Le résultat serait un déficit énergétique croissant jour après jour. Les choses s’aggravaient aux environ de 50 km de course. J’avais encore 20 km à parcourir avant de pouvoir manger, dormir et récupérer. Je me suis arrêté brusquement une fois que le GPS a atteint la barre des 70 km. Mon mental ne voulait pas faire un pas de plus.

Marcher jusqu’à la voiture, 10 m derrière, semblait être une tâche impossible. Une fois dans la voiture, nous nous sommes rendus à l’hôtel de Lanoraie. Dès que je suis entré dans la chambre, je me suis douché et je suis resté immobile sous l’eau chaude pendant environ 15 minutes. Il était temps de faire le plein. Malheureusement, il était tard, et il n’y avait que des plats congelés et prêts à manger à l’hôtel. Bien que j’avais faim, je ne pouvais rien manger. J’ai avalé une cuillerée de légumes et un minuscule morceau de poulet.. Je ne pouvais pas gérer plus de nourriture. J’ai bu abondamment, puis j’ai écrit un court post, et enfin, j’ai publié l’itinéraire de la journée. Sophie s’est ensuite occupée de mes besoins médicaux. Avaler mes médicaments était difficile. Elle m’a massé les jambes avec une crème anti-inflammatoire spéciale et a préparé ma boisson de récupération. Je me suis couché et je me suis endormi en quelques secondes. Le premier jour était terminé. Mon dieu, il me reste encore trois jours !

 

DEUXIÈME JOUR : 26 août 2022

Je me suis réveillé avec mes jambes comme des blocs de béton. J’avais faim. Sophie a commandé le petit déjeuner pendant que je me préparais pour une autre journée épuisante. Malheureusement pour nous, la météo allait être froide, venteuse et pluvieuse toute la journée. Le vent me ralentira ; le froid drainera mon énergie, et la pluie me fera me sentir encore plus froid parce que je serais complètement trempé. Ce n’est pas une perspective joyeuse pour quelqu’un qui devra courir encore 70 km. De plus, j’avais très mal aux jambes, aux épaules et au dos. Ça allait être une autre longue journée.

Nous nous sommes rendus à l’endroit où nous nous étions arrêtés la veille. J’ai préparé ma vessie d’hydratation, j’ai mis ma veste de course, j’ai allumé mes écouteurs, j’ai démarré ma playlist et j’ai commencé ma course. Je ne pouvais pas me déplacer plus vite que 7h30 min/km. Le vent de contraire n’était pas agréable. La température était d’environ 15 degrés Celsius, mais je gelais en portant un short et un t-shirt. Et maintenant, la pluie a commencé. Légèrement pendant quelques heures, puis à torrent pendant deux autres. J’avais tellement froid que j’ai lutté contre des crampes aux pieds pendant environ 40 km. De plus, je ne pouvais plus avaler de nourriture, juste des gels et du liquide. J’ai essayé de prendre un sandwich au jambon, mais après deux bouchées, je me suis senti rassasié. La perspective de courir encore 30 km semblait folle. Néanmoins, j’ai lutté contre la douleur et les problèmes mentaux déclenchés par le froid, et j’ai continué à aller de l’avant.

À ce moment-là, il faisait sombre, et même si Sophie conduisait 10 mètres derrière moi avec ses lumières allumées, les choses sont devenues risquées à ce stade. J’ai vu un lapin traverser la route, puis un autre, puis beaucoup. Ils sautaient pendant que je courais vers eux, puis ils ont disparu. Quelques minutes plus tard, j’ai vu ce qui semblait être un serpent noir de 10 pieds glissant sur l’asphalte. J’ai sursauté, puis j’ai réalisé que ce n’était qu’une fissure dans la route remplie de caoutchouc. J’ai rapidement compris ce qui se passait. J’étais tellement dépourvu de calories en ne mangeant pas, drainé par le froid et épuisé de courir dans un vent contraire toute la journée, je réalisais que j’hallucinais. Compte tenu de la situation, il était temps de finir avant de subir des dommages graves et permanents. J’ai donc arrêté de courir et je me suis assis dans la voiture.

Nous étions maintenant à Trois-Rivières. Sophie nous a conduits à l’hôtel où nous allions tous les trois passer la nuit. La longue douche chaude et bouillante était la bienvenue. Pendant que je courais plus tôt, Sophie a acheté le dîner au Thai Express. J’adore leur soupe et leur riz frit. J’étais enfin impatient de manger. Mais je n’y arrivais pas. Les seules choses que je pouvais avaler étaient des baies et des liquides. Après un long massage des jambes, du dos et des épaules avec de la crème Voltaren extra forte, je me suis instantanément endormi. Le deuxième jour était enfin terminé.

 

TROISIÈME JOUR : 27 août 2022

Dès que je me suis réveillé, j’ai su qu’aujourd’hui serait un problème. Je me sentais faible de ne pas avoir mangé pendant deux jours et de souffrir de ne pas récupérer assez rapidement. Apparemment, mon corps se nourrissait de lui-même, dévorant mes muscles comme carburant. Je ne pouvais pas envisager de courir en toute sécurité. Nous nous sommes rendus à l’endroit où nous devions commencer la course, et j’ai commencé à trotter lentement. Mais, tout faisait mal. Et, juste pour être clair, je suis capable de facilement endurer la douleur intense. Donc, quand je m’en plains, les gens dans les mêmes circonstances se rendent généralement rapidement à l’urgence. J’ai couru 8 km et j’ai senti qu’il était temps de demander de l’aide, alors je me suis tourné vers Martin et je me suis confié à lui. J’ai admis que je ne pouvais plus courir aujourd’hui sans me blesser gravement ou définitivement et j’avais vraiment besoin de nourriture et de repos. En lui parlant, je me suis rendu compte que son rôle était maintenant en train de passer d’observateur à participant actif. J’ai ressenti qu’il voulait être l’un des acteurs clés de cette performance plutôt qu’un simple figurant. Il a accepté couvrir en vélo la distance que je ne couvrirais pas aujourd’hui. Et comme un champion, c’est exactement ce qu’il a fait.

Une fois que la distance restante a été parcourue et que nous avons atteint la ville de Deschambault, Sophie a mis son pied à terre. « Tu dois manger ce soir ou tu ne pourras pas courir la dernière journée. » Nous sommes allés à l’hôtel qu’elle a réservé à l’avance et après une douche rapide, nous sommes allés au restaurant de l’hôtel. J’ai mangé un steak épais et saignant avec des pommes de terre au four, du tartare de saumon et un grand profiterole. Pas d’alcool, mais une grande quantité d’eau tonique avec de la lime. Une heure plus tard, je me sentais beaucoup mieux. Je me suis couché après une autre séance de massage vigoureuse et je me suis endormi. Le lendemain, Sophie m’a dit que j’avais crié dans mon sommeil et que j’avais bougé frénétiquement. Elle a dû me crier dessus pour m’arrêter. Je ne me souviens de rien à ce sujet, et je ne me souviens même pas d’avoir entendu sa voix. J’étais complètement endormi.

 

QUATRIÈME JOUR : 28 août 2022

Je me suis réveillé en me sentant plein d’énergie et prêt à l’action. Mais ma cheville droite n’était pas du tout heureuse. Pendant que nous dînions, Sophie a mentionné qu’apparemment, Martin était reconnaissant d’avoir pu couvrir à vélo la distance de la journée et se sentait très ému par l’expérience de jouer un rôle de premier plan dans ce projet. J’étais heureux pour lui. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de courir ce 270 km en relais avec lui. Les choses prennent parfois une meilleure tournure que prévu. Mes blessures et mes problèmes de santé se sont avérés être de bonnes choses pour lui et moi. Rétrospectivement, je n’ai aucun regret de l’avoir laissé m’aider.

J’ai couru 10 km pour tester mes jambes. elles allaient bien à nouveau, à l’exception de ma cheville droite, qui me tuait. À chaque pas, j’avais l’impression qu’un poignard était plongé à travers. Je n’allais en aucun cas abandonner à cause de cela. J’ai donc couru, quelle que soit la douleur atroce. Un coureur de marathon de la région, Eric Tremblay, a couru une section avec moi. Je courais à un rythme relativement lent à cause de ma cheville et de peur d’une blessure supplémentaire.

Martin a porté à mon attention que la distance à parcourir aujourd’hui allait être plus courte que prévu parce que l’hôpital devant lequel nous étions censés terminer la course a décidé, la veille de l’événement, d’annuler notre accès à son stationnement. Un membre du personnel a déclaré que « l’assurance » était un problème. Sérieusement ? À ce stade ??? J’étais bouleversé et furieux.

Heureusement, IGA des Sources à Cap-Rouge est intervenu et nous a permis d’utiliser une section de leur stationnement. Ils ont fourni à la foule à la ligne d’arrivée de la nourriture et une tente de 10 pieds par 10 pieds. Ils ont agi comme de vrais pros.

En fin de compte, la distance d’aujourd’hui allait être 20 km plus courte. Mais ça allait être une journée torride. J’ai demandé à Martin de couvrir en vélo 20 km pour que je puisse courir les 21 derniers km. Le frère de Martin de l’Alberta nous a rejoints et a couru avec moi, puis un autre coureur, un ami de Martin, nous a rejoints pour les 16 derniers km.

À 6 km de la ligne d’arrivée, d’autres coureurs se sont joints. À ce moment-là, nous avions une escorte policière pour nous aider à naviguer en toute sécurité. Le service d’incendie s’est joint à nous, et nous ressemblions à un cortège. Mes jambes étaient en pleine forme, à l’exception de la douleur folle dans ma cheville. Aussi, je ne me suis pas rendu compte que j’avais considérablement accéléré et que j’avais laissé tout le monde derrière moi. La seule chose devant moi était une voiture de police qui bloquait les rues alors que j’avançais sans relâche. Martin m’a rattrapé sur son vélo et m’a demandé de ralentir quelques fois pour que le reste des coureurs puisse me rattraper. J’ai fini par le faire. Ils m’ont rattrapé.

À un kilomètre de la ligne d’arrivée, le frère aîné de Malik, Éloïc, attendait avec impatience de courir les 1000 derniers mètres avec moi. Il a couru comme un champion ! Martin et moi étions très fiers de la façon dont il s’est comporté, et je lui ai demandé de happer la bannière de la ligne d’arrivée quand nous sommes arrivés. Je lui ai permis de finir légèrement devant moi pour qu’il puisse avoir ce privilège. J’étais tellement heureux pour lui. Il était la star maintenant. Nous avons franchi la ligne d’arrivée, et tout à coup, c’était fini.

Les gens applaudissaient, applaudissaient, prenaient des photos, et quelques-uns pleuraient. Tout le monde a exprimé sa gratitude pour ce que mon équipe et moi avons accompli pour Malik. Mélanie m’a présenté à Malik. Quel mignon petit garçon ! Il était toujours sous l’impact de sa dernière série de chimio et n’était pas lui-même. Mais il m’a souri alors que je le tenais dans mes bras. Nous avons pris des photos dans le camion de pompiers. Puis il m’a demandé pourquoi j’étais mouillé. Nous avons ri et fait une pause pour plus de photos. Les gens sont venus me serrer la main et me remercier et me féliciter. Je ne suis pas une personne qui accepte facilement les compliments ou qui se tient volontiers sous les projecteurs. Toute ma vie, je voulais être invisible. Mais pour cet enfant, j’étais prêt à marcher à travers le feu.

La course était terminée. Tout le monde était content. Sophie était probablement soulagée de me voir toujours debout et me sentir mieux, à l’exception de ma cheville droite, qui était encore en feu. J’ai dit au revoir à tous, j’ai embrassé Malik, Mélanie, Éloïc et Martin, et je suis monté dans la voiture. Sophie nous a conduits à l’hôtel. C’était enfin fini. J’étais heureux. J’étais soulagé. Je me sentais vivant.

La douche chaude était une bénédiction. J’étais sale, puant, fatigué et mentalement épuisé. Ma cheville me faisait encore plus mal qu’auparavant à cause du martèlement des 16 derniers km. Mais je m’attendais à récupérer et à guérir rapidement. Je n’avais pas de soucis à ce sujet.
Sophie et moi sommes allés dîner. Je voulais tellement un hamburger ! J’ai commandé des rondelles d’oignon, un gros hamburger et de l’eau tonique avec du citron vert. Pas de dessert. Maintenant, tout ce que je voulais, c’était dormir.

 

REMARQUES PERSONNELLES

Maintenant, tout au long de ce récit, Malik n’a pas été mentionné souvent. Je peux vous assurer qu’il était dans mes pensées à chaque pas sur mon chemin. Mais avant de toucher à Malik, je voudrais clarifier pourquoi je voulais entreprendre cette course. Depuis des années maintenant, j’ai observé qu’en Amérique du Nord, le véritable sens de la communauté s’évapore lentement, mais régulièrement. Les gens n’ont jamais été aussi isolés. Peu importe à quel point nous nous exposons aux médias sociaux et promouvons notre belle vie pour que tout le monde la voie, pour beaucoup, la réalité est loin de la vie de star et des paillettes. Et pendant que nous cultivons avec frénésie notre collection de fans en groupes bien classifiés, que nous les nourrissons de nos anecdotes de vie et que nous prétendons faire partie d’une communauté virtuelle, au bout du compte, nous rentrons chez nous et nous nous sentons toujours seuls. J’aspire à l’époque où les gens se touchaient sans crainte, se parlaient sans se marcher sur des oeufs et exprimaient leur amour et leur attention sans se sentir gênés d’avoir l’air faibles. Je me souviens encore quand les gens faisait tout leur possible les uns pour les autres. Oui, la plupart des membres de la famille tendent la main en période de difficultés, mais ce n’est plus la norme. Il semble que nous soyons devenus égocentriques et que nous ne soyons plus prêts à aider un étranger, ou même un ami dans le besoin (à moins que nous n’en retions quelque chose). Je suis fatigué de voir les gens souffrir et crier en silence. Il est devenu tabou de demander de l’aide de manière proactive. La perception est que si vous avez besoin d’aide, vous ne semblez pas avoir assez de succès ou que votre malheur pourrait être contagieux (alors, sortons du chemin). Croyez-moi, j’ai vécu cela plusieurs fois. Quand les temps étaient difficiles pour moi, la famille et les amis se sont cachés si j’avais la peste.

Lorsque mon ami m’a parlé de la situation difficile de Mélanie et Martin, j’ai compris que, une fois de plus, il était temps pour moi d’aider à ma manière. Oui, j’aurais pu envoyer 500 $ et satisfaire ma conscience, et il n’y aurait rien de mal à cela. Mais j’étais convaincu que je pouvais accomplir davantage en mettant l’un de mes talents au service de cette cause et en sensibilisant et, espérons-le, amasser plus de fonds pour aider cette famille. J’ai parfaitement compris pourquoi Mélanie et Martin se sentaient mal à l’aise lorsque j’ai présenté ma proposition pour la première fois. J’aurais ressenti la même chose sans aucun doute.. Et accepter mon aide a exigé beaucoup de courage et d’humilité. Mais parfois, nous devons accepter de nous humilier pour d’autrui, dans ce cas, pour leur enfant. Je ne peux pas imaginer comment je me sentirais si l’un de mes garçons avait la leucémie de Malik. Je déplacerais ciel et terre pour soulager sa souffrance. Malheureusement, cette condition n’est pas un ennemi que quiconque peut combattre, à l’exception du patient et de son équipe médicale. Ce combat crée des dommages collatéraux. La vie d’une famille est bouleversée. L’accent mis sur l’enfant malade crée une autre situation avec l’autre enfant qui se sent probablement laissé pour compte ou peut-être moins aimé. Mais c’est inévitable.

Donc, la raison pour laquelle je voulais aider était d’essayer d’alléger le fardeau de ces parents qui en ont assez dans leur assiette en essayant de travailler et de gérer toutes les exigences de la famille, en plus de tout le stress et la logistique supplémentaires associés aux soins d’un enfant malade sur une longue durée. Je ne sais pas si je pourrais gérer tout cela avec succès si j’étais à leur place. Et bien que nous ayons recueilli un peu plus d’argent, et pour cela, je ne peux pas vous remercier assez, il y a encore un long chemin à couvrir. Malik subira des traitements de chimiothérapie agressifs pendant deux ans. C’est lui le véritable athlète d’endurance de l’histoire. C’est lui qui n’arrête pas quand les choses deviennent difficiles.

Comme je l’ai dit plus tôt, Malik était dans mes pensées à chaque centimètre du chemin parce que les choses se sont dégradées très rapidement pour moi pendant cette course. J’ai été pris d’assaut par des pensées négatives qui me harcelaient pour abandonner. Mais si Malik ne baissait pas les bras, je ne le ferais pas on plus. Cependant, soyons réalistes, arrêter, de mon point de vue, n’est acceptable que pour trois raisons. La première est que vous risquez de vous blesser de façon permanente. La deuxième est que vous êtes sur le point de vous évanouir d’épuisement. La troisième est que vous allez mourir. Au cours de cette course, j’ai enduré la première et la deuxième très fréquemment. J’aurais pu m’arrêter, abandonner à tout moment et rentrer chez moi. Et personne n’aurait eu le droit de le commenter ma décision. Mais j’ai pensé à Malik et à son propre combat, il n’a pas eu le luxe d’abandonner. Il m’a fait persévérer.

Je me suis également demandé quelles leçons le futur Malik pourrait tirer de cette aventure. Je crois qu’il apprendrait qu’il est acceptable d’accepter l’aide des autres sans se sentir diminué. Il apprendrait qu’aider les autres de manière désintéressée est l’une des qualités les plus nobles qu’un être humain puisse posséder. Il apprendrait que la persévérance face à l’adversité bâtit le caractère. Il verrait combien de personnes se souciaient de lui. Et il verrait à quel point ses parents l’aiment. Il y a de nombreuses leçons à tirer de ce qui est arrivé tout au long de ces quatre jours, mais s’il ne comprenait que ce que je viens de mentionner, mission accomplie de notre part
.
Je veux conclure en disant que je me sentais honoré et fier de courir pour Malik et sa famille. J’espère que l’expérience a créé un lien spécial entre nous. Peut-être dans le futur, j’aurai la chance de mieux connaître Malik et je de jouer avec lui. Peut-être que je serai appelé à aider à nouveau. Qui sait ? J’ai terminé cette course heureux, épuisé et reconnaissant.

Je n’aurais pas pu terminer cet événement sans l’aide spéciale de Sophie Charland, qui était une vrai guerrière. Elle a fait face à mes besoins, à mes directives, à mon ton sec, à mon sarcasme et à mes blessures sans faillir. Je suis très reconnaissant pour son aide dans tous les aspects de ce projet. Elle m’a donné de l’énergie quand je me sentais épuisé, de la force quand je me sentais faible et de la persévérance quand je sentais que tout était perdu.

Je tiens à remercier Martin pour sa patience lorsque les choses sont devenues sombres pour moi. C’était un vrai champion, ramassant la torche pour moi et pédalant la distance quand je ne pouvais pas faire un pas de plus. Il a agi avec un état d’esprit axé sur les solutions lorsque les choses sont devenues difficiles avec la logistique. Malik a beaucoup de chance d’avoir un tel père.

Je tiens à remercier les coureurs (Denis Fontaine, Jean-Michel Boutin, Marie-Ève Landry et tous les autres) qui se sont portés volontaires pour couvrir certaines sections de ce long itinéraire avec moi. J’en avais besoin. Vous étiez tous des champions !

De plus, je tiens à remercier Mélanie pour tout ce qu’elle a fait en coulisses. J’ai eu la chance de bénéficier de ses talents de coordination et de son professionnalisme lorsque nous avons travaillions ensemble il y a plus d’une décennie.

Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont fait un don à notre cause; certaines en ont même fait plusieurs successifs.

Je tiens à remercier d’avance tous ceux qui continueront à faire un don et à soutenir cette merveilleuse famille.

Merci à tous ceux qui ont partagé nos messages, vous avez aidé à passer le mot.

Je ne peux pas remercier suffisamment les sponsors qui ont aidé à leur manière avec des dons, de la logistique et des services. Un merci spécial à Jean Lemieux pour sa gracieuse photographie, à Sylvain Gélinas de Mono-Lino pour toutes ses généreuses impressions, à IGA des Sources in Cap-Rouge pour la logistique de la ligne d’arrivée.

Merci aux services de police de Montréal et de la ville de Québec et aux services d’incendie de nous avoir escortés.

Merci à Sophie Massé pour sa patience et sa générosité pendant mon entraînement.

Merci à Pascal Guzzo pour les photos et les vidéos au début de la course et pour avoir couru avec moi les 10 premiers km.

Merci à 2XU pour le meilleur équipement de course.

Merci à Nanuk pour les meilleures et les plus solides valises sur le marché.

Merci aux hôtels qui ont renoncé à leurs frais.

Merci à Follow My Challenge USA pour leurs services de cartographie de précision.

Merci à tous ceux que j’ai oubliés.

 

Patrick Michel

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